L’église a traversé les siècles et les tourments de l’Histoire. Reconstruite après la guerre de Cent Ans grâce aux pierres de la Dronne, elle fut pourtant mise à bas en 1568 par les guerres de religion.
Son visage actuel commence à se dessiner en 1699, avec l’ajout d’une seconde nef pour accueillir une population grandissante. Elle survit ensuite aux remous de la Révolution, protégée par des paroissiens déterminés face aux confiscations. Entre 1864 et 1866, une nouvelle église de style byzantin est érigée. De l’ancien édifice, seul le clocher ogival a été conservé.
Le cimetière, autrefois situé sur la place de l’Église, est déplacé à cette époque.
Quand l'église prend son visage actuel
Au lendemain de la Grande Guerre, la vie paroissiale reprend son souffle avec la bénédiction de deux nouvelles cloches en 1919 et 1920. L’aménagement intérieur actuel témoigne de la vitalité de l’artisanat local :
Date
Événement
1919 & 1920
Bénédiction de deux nouvelles cloches
1932
M. Guibert, artisan peintre, restaure le chœur
1933
MM. Luzineau et Rouhier édifient la tribune. M. Gros réalise les boiseries, les poutres et le confessionnal
1950
Le sculpteur Réal del Sarte signe le bas-relief du tympan portant l'inscription « Non in verbo tantum » (Pas seulement par la parole)
La salle paroissiale : un bâtiment aux mille vies
Ce bâtiment illustre parfaitement l’évolution du village :
Date
Événement
1793
Écurie au rez-de-chaussée, étable et grenier à foin à l’étage
Jusqu'en 1802
La partie basse sert de prison
1861
Le grenier devient une chapelle provisoire pendant les travaux de l'église
1866
L’édifice est cédé à la municipalité pour devenir la mairie
Le dernier voyage
En 1897, la commune fait l'acquisition d'un corbillard, mis gratuitement à la disposition des familles et remisé dans la base du clocher, aux côtés des chaises de la paroisse.
L'anneau fixé au vieil arbre
Il servait autrefois à attacher le cheval du cocher lors des cérémonies.
Au premier plan, solidement ancré dans l'écorce du vieil arbre, un anneau d'attache en fer forgé subsiste encore. Témoin discret situé près de l'ancienne remise du corbillard, il servait autrefois à attacher le cheval du cocher lors des cérémonies.
À l'arrière-plan, sur le pignon de l'ancien grenier devenu chapelle, se dresse une croix de pierre érigée en 1861.
Plan de l’ancien domaine de la Cure
Établi par l’abbé du Plessis en 1790.
Quand les cloches racontent l'Histoire
La cloche Marcelle, Germaine, Victoire — 3 septembre 1919
Souvenir de la bénédiction célébrée le 3 septembre 1919 par M. le chanoine Barbe, secrétaire général de l'Évêché de La Rochelle.
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Bénédiction de la cloche
Un souvenir solennel du 3 septembre 1919, célébrant la Victoire et la générosité de la famille Baudou. Cet événement fut relaté dans les colonnes du journal «Le Figaro».
Le baptême de « Germaine Victoire » en 1919
Une pointe d'ironie accompagne le récit publié par L'Indépendant de la Charente-Inférieure. Si le prénom de la cloche, Germaine, amuse le journaliste, celui-ci rappelle avec malice qu'il n'était guère possible de « débaptiser la marraine » pour l'appeler Françoise.
La cloche Jeanne d’Arc — 11 août 1920
Souvenir de la bénédiction
Célébrée le 11 août 1920 par Monseigneur E. Barthe, prélat de Sa Sainteté, doyen du Chapitre et vicaire général de La Rochelle.
Le tympan de Réal del Sarte
Commandé avant la Seconde Guerre mondiale, le tympan de Réal del Sarte fut finalement posé en 1950. Son inscription «Non in verbo tantum» — Pas seulement par la parole — invite chaque visiteur à dépasser les mots pour entrer dans l’action.
Maxime Réal del Sarte
Sculpteur français, héros de la première guerre mondiale, mutilé de guerre.
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Le tympan : Long à venir, mais magistral
Ce que la guerre avait retardé, la paix l’accomplit. Après des années d’attente, cette œuvre monumentale prend enfin place au fronton de l’église. Son inauguration, en 1950, réunit l’harmonie municipale ; au fond, l’abbé Thomas.
L’Église intérieure : silence et contemplation
Une fois la porte franchie, le tumulte s’efface.
Découvrez, à travers ce regard photographique, un espace de quiétude où chaque image invite à la contemplation et à la suspension du moment.
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Vitrail de Notre-Dame des Tranchées
Réalisé par les ateliers Dagrant en mémoire des poilus de Saint‑Aigulin tombés au front.
L'église de Saint‑Aigulin abrite un ensemble de vitraux, dont les plus anciens ont été endommagés par la foudre en 1776 et remplacés au XIXe siècle.
Aujourd'hui, on y trouve des vitraux colorés datant de différentes époques, notamment des représentations du Christ, de la Vierge, de saints comme Saint Pierre et Saint Fort, ainsi qu'une représentation de Jeanne d'Arc, dont plusieurs ont fait l'objet de restaurations récentes (2019-2024).
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L'intérieur de l'église
L’édifice rayonnait d’élégance : les chaises étaient disposées avec un soin impeccable et la décoration mettait parfaitement en valeur l’architecture et la chaire ancienne.
L'intérieur de l'église
L’édifice rayonnait d’élégance : les chaises étaient disposées avec un soin impeccable et la décoration mettait parfaitement en valeur l’architecture et la chaire ancienne.
L’abbé Thomas
L’abbé dominant la tribune en bois dans sa splendeur initiale, bien avant que l’orgue ne vienne l’habiller de sa structure majestueuse. Ce cliché présente un intérêt particulier par la présence de l'abbé Thomas, figure marquante de la paroisse, dont les photographies sont aujourd'hui très rares.
Statue de l’Ermite
Œuvre de René Gourdon d’Angers sculptée en bois de chêne, qui veille avec majesté dans notre église.
René Gourdon
Sculpteur reconnu qui avait été chargé, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de restaurer de nombreux monuments historiques.
Vitrail en demi-lune
Situé au-dessus de la porte d’entrée, ce vitrail est un témoignage historique et spirituel majeur pour la commune. Œuvre de commémoration, il reflète l’élan de gratitude du clergé et des paroissiens au lendemain de la Grande Guerre. Entre 1920 et 1930.
L’orgue de l’église Saint-Fort
Après avoir servi dans plusieurs chapelles bordelaises avant d’être démonté et mis en vente, l’orgue trouva un nouveau destin à Saint‑Aigulin grâce au docteur Philippe Legendre. À son initiative, la paroisse en fit l’acquisition en 1988, sauvant ainsi l’instrument de l’oubli.
Aujourd'hui, l'orgue poursuit son histoire grâce au dévouement de l'Association des Amis de l'Orgue de Saint‑Aigulin. Par une programmation régulière de concerts, de récitals et de manifestations musicales réunissant des interprètes de renom, elle fait vivre cet instrument d'exception. Chaque prestation redonne voix à ce témoin du patrimoine, perpétuant une tradition musicale qui contribue au rayonnement culturel de la commune.
Orgue de la fin du XIXe siècle
restauré par Alain Faye, inauguré le 14 juin 2015. - Photo Dorothée Kittelberger
L’Église extérieure : l’identité du sanctuaire
Un voyage à travers les clichés d’époque pour redécouvrir notre église à travers le regard des premiers photographes. Ces témoignages du passé nous permettent de mesurer l’évolution de notre patrimoine et de sa place au cœur du village.
Souvenir du Cinquantenaire de l’Église
«L’Église de la terre et le vestibule du ciel». À gauche Mgr Eyssautier, évêque de La Rochelle et de Saintes ; à droite l’abbé Brisson, curé de Saint‑Aigulin (1911-1927) — Vue côté nord.
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L'église et son quartier
À gauche, le petit cabanon abritait la pompe à incendie. La maison attenante fut l'école des filles de 1850 à 1887.
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Place de l’église
Au tout début du XXe siècle : l’aspect initial de l’édifice révélé, Les clichés ci-dessus témoignent de cette époque.