L’éveil du sport : Les Bluets
En février 1912, naît la toute première société de gymnastique et de sport : les Bluets.. Ce mouvement ancre le sport au cœur du village, avec des rassemblements mémorables sur la place de l’Église.
Signe de son dynamisme et de son succès, la société ne tarde pas à s'officialiser.
Dès 1913, elle inscrit son engagement et sa structure à la Fédération de gymnastique, marquant une étape clé dans l'organisation et la reconnaissance du sport à Saint‑Aigulin.
L'éclosion du sport
Les gymnastes des Bluets prennent la pose place de l’Église, devant la maison Guirado.
Les Bluets : des succès qui dépassent les frontières du canton
Quelques mois seulement après leur affiliation aux instances sportives nationales, les Bluets de Saint‑Aigulin se distinguent déjà lors des grandes compétitions de gymnastique. Leurs performances témoignent du sérieux de leur préparation et du dynamisme d'une société qui contribue alors à l'essor du sport dans la commune.
La reconnaissance des Bluets ne se limite pas aux manifestations locales. Dès 1913, la société participe à des concours réunissant les meilleures associations gymniques de la région.
À l'occasion du concours interrégional de gymnastique organisé à Petit-Palais, en Gironde, les représentants de Saint‑Aigulin obtiennent plusieurs distinctions remarquées. Ces récompenses illustrent la qualité de l'enseignement dispensé au sein de la société ainsi que l'engagement de ses jeunes et de ses adultes.
Cet article de presse constitue l'un des plus anciens témoignages du rayonnement sportif des Bluets et de la place déjà importante qu'occupe la gymnastique dans la vie locale au début du XXe siècle.
Les Bluets à l'honneur
Article publié dans La Croix de Saintonge et d'Aunis du 8 juin 1913 relatant les récompenses obtenues par la société catholique des Bluets de Saint‑Aigulin lors du concours interrégional de gymnastique de Petit-Palais (Gironde).
Le sport s'ancre au cœur du village
Rassemblement des Bluets devant l'ancienne salle des fêtes, à l'emplacement de l'ancien local du bar du Centre.
En 1924, les Bluets organisent une fête sportive d’envergure.
Au programme : athlétisme, saut à la perche et lancer du disque, réunissant les clubs de toute la région (Chalais, Libourne, Montendre...).
La grande fête sportive des Bluets en 1924
La jeunesse se mesure aux clubs voisins lors des épreuves d’athlétisme.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1911 | Fondation des Bluets par l’abbé Brisson : première société de gymnastique et de sport |
| 1924 | Grande fête sportive : athlétisme, saut à la perche, lancer du disque avec les clubs de toute la région |
| 1928 | Fondation de l’Alerte par l’abbé Thomas : patronage sportif et culturel, actif jusqu’à la guerre |
| 1939–1945 | Fusion de l’Avant-Garde et de l’Alerte : naissance de l’U.S.A.S (Union Sportive Alerte de Saint‑Aigulin) |
L’épopée du football
Créé en 1928, le club s’impose dans les années 1940 comme une place forte du football régional.
Le stade de La Garenne devient alors le «chaudron» des exploits dominicaux et des grandes heures de l’U.S.A.S.
Une aventure exceptionnelle s’écrit entre 1940 et 1963, avec une période particulièrement faste de 1941 à 1954.
L’enceinte de la garenne
Le stade historique des exploits dominicaux et des années glorieuses.
L'ascension fulgurante (1939–1950)
En 1939, les Girondins de Bordeaux attaquent leur deuxième saison professionnelle. On note l'arrivée du scapulaire sur leur maillot, et Saint‑Aigulin a l’honneur de recevoir l'équipe réserve des Girondins . Pour le club local, c’est la reconnaissance d’un football prometteur de haut niveau.
Réception de la réserve des Girondins en 1939
Le «scapulaire» débarque à Saint‑Aigulin pour un match de haut niveau.
En 1941, l’U.S.A.S s’affilie à la Fédération Française de Football.
Le club va connaître une ascension fulgurante, sous l’impulsion de M. Daniel Daviaud (Notaire et Maire) et de M. Pierre Martin (industriel, adjoint au Maire).
Pierre Martin, dont le nom reste indissociable du club, dirigeait une usine de chaussures et de pantoufles. Cette situation lui permettait d’attirer plusieurs joueurs talentueux en leur proposant un emploi à l’usine.
Avec succès, l’U.S.A.S enchaîne les victoires et s’impose comme l’une des équipes les plus étonnantes de la Ligue du Centre-Ouest. Pendant des années, les joueurs portent haut les couleurs du club en inscrivant de très belles pages dans l’histoire du football de la région.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1941 | Champion du district Maritime de la Ligue du Centre-Ouest |
| 1942 | Champion de la Ligue du Centre-Ouest |
| 1943 | Champion du District Aunis Saintonge |
| 1944 | Champion de Division d’Honneur |
| Jusqu'en 1950 | L’U.S.A.S évolue au plus haut du niveau régional Division Honneur |
1947 : L’exploit historique en Coupe de France
L’U.S.A.S accède aux 32èmes de finale de la Coupe de France : un véritable exploit à l'époque pour des amateurs.
Le dimanche 5 janvier 1947, à Niort, l’U.S.A.S est éliminée par le Football Club d’Angoulême (équipe professionnelle AS des Charentes), sur le score de 3 à 0.
Cette année-là, l'équipe professionnelle d'Angoulême, qui avait éliminé l'U.S.A.S., parvient en demi-finale de la Coupe de France après avoir battu le Red Star et Reims.
Composition de l’équipe de légende (1947)
Les Héros de l’époque
Debout : MM. Daviaud, Capelli, Poineau, Pinganaud, Sermot, Larchevêque, Montloo, Pasquis, Dutour / Accroupis : Marcadier, Godet, Arias, Guion, Maury.
Une histoire de famille
Du terrain de Saint‑Aigulin au maillot des Bleus.
1952 : Un nouveau frisson en Coupe de France
La magie de la Coupe opère de nouveau.
Le 30 novembre 1952, l’U.S.A.S se distingue en 64èmes de finale : elle cède sur son terrain du stade de la Garenne (3 à 1 après prolongation) face au FC Tours, club de division nationale emmené par Fred Aston, joueur-entraîneur, 31 fois international français et l’un des meilleurs footballeurs français des années 1940.
Hommage à un président bâtisseur
Cette plaque en bronze honore Pierre Martin pour ses 25 années à la tête de l'U.S.A.S. Football. Industriel et adjoint au Maire, il a fait du club une véritable institution, n'hésitant pas à mettre son usine au service du recrutement. Une présidence qui a marqué durablement la mémoire sportive de Saint‑Aigulin.
2013 : La Coupe Aristide Métayer
L'heure de la victoire le 16 juin 2013
Les joueurs et leur présidente célèbrent la Coupe Aristide Métayer.
📖 Lecture complémentaire : toute l’histoire du football à Saint‑Aigulin
Pour aller plus loin et découvrir l’ouvrage complet dédié à l'épopée du football, vous pouvez télécharger le document via ce lien 07 JUIN 2016 HISTOIRE U.S.A.S.pdf
Mise à jour des recherches (2026)
La parution de l’ouvrage initial en juin 2016 a été suivie de recherches documentaires approfondies.
La mise au jour d'archives inédites permet aujourd'hui d'enrichir l'épopée sportive locale par des précisions historiques précieuses, intégrées ici afin de compléter le récit de cette période.
Un talent local à l’échelle internationale : Paul Jacquier
Du stade municipal aux terrains marocains
L'histoire du football à Saint‑Aigulin est jalonnée de figures marquantes, parmi lesquelles Paul Jacquier occupe une place singulière. Ce gardien de but, présent dans les chroniques sportives de l'époque, a porté les couleurs de la commune bien au-delà des frontières de la Charente-Maritime.
Une trajectoire exemplaire : formé au sein du prestigieux S.B.U.C. (Stade Bordelais Université Club), Paul Jacquier rejoint ensuite le club de Saint‑Aigulin, où son talent et sa réputation attirent rapidement l'attention des recruteurs. En 1954, ses obligations militaires le conduisent à Aïn Harrouda, près de Casablanca.
Le 28 juillet, le quotidien Maroc-Presse annonce son intégration comme recrue phare du Racing Athletic Club (R.A.C.) de Casablanca. Décrit comme un «renfort de choix» pour le championnat marocain, il contribue ainsi au rayonnement du football saint-aigulinois hors de ses frontières habituelles.
Un engagement durable pour le club : de retour en Charente-Maritime à l'issue de son service militaire, Paul Jacquier reprend sa place dans les cages de son club de cœur. Au-delà de ses performances, c'est son implication dans la durée qui le distingue : formateur attentif, il transmet son expérience aux jeunes générations et s'inscrit dans la vie de l'association bien après la fin de sa carrière de joueur.
Un parcours qui témoigne, au fond, de l'attachement profond de certains hommes à leur club et à leur territoire.
Mémoire visuelle des années 1970
Ce cliché de l'équipe 1 A, réalisé par le Studio J. Rilly, vient enrichir les pages consacrées au début des années 1970. Il témoigne avec fidélité de l'ambiance et des visages de cette époque charnière du football saint-aigulinois, et prend place à la page 70 de l'ouvrage.
Tribune Ernest Larchevêque
1966 : Un nouveau stade : le passage vers le sport contemporain
La municipalité se dote d’un nouveau stade moderne : l’U.S.A.S football bénéficie ainsi d’une pelouse de qualité, d’une grande tribune pour mieux recevoir le public et de vestiaires confortables.
Un nouveau stade pour une nouvelle ère
Un équipement digne des ambitions de la municipalité pour son club phare.
L'inauguration du nouveau stade a lieu le 12 juin 1966 : une journée de fête rythmée par un Lendit : grand rassemblement sportif et scolaire au niveau départemental. Défilés, fanfare, majorettes, enfants des écoles en tenue colorée : tout Saint‑Aigulin célèbre le sport.
Le Lendit
Du 12 juin 1966 transforme le stade en un immense tableau vivant, animé par des exercices de gymnastique d'ensemble sur la pelouse neuve.
Le défilé de tout un village
Les majorettes ouvrent la marche devant un public venu nombreux.
La fanfare en tête de cortège
Défilé dans les rues avec la fanfare animée avec ardeur, Monsieur Buil donne le tempo de cette journée historique.
Un vent d'enthousiasme souffle sur la ville
Les Majorettes sous la direction de Madame Buil enchaînent les chorégraphies avec un brio éclatant.
L'esprit de l’U.S.A.S au cœur de la fête
Toutes les générations se retrouvent autour du sport.
Fête du sport 1997
Quand Saint‑Aigulin célébrait le sport et la vie associative
Durant l'été 1997, associations sportives, bénévoles et habitants se réunissent pour une grande fête populaire qui anime les rues du bourg. Défilés, cavaliers, chars décorés, clubs sportifs et animations témoignent du dynamisme de la vie locale et de l'importance du mouvement associatif dans la commune.
La Fête du Sport de juillet 1997
L'un des grands rendez-vous festifs de la vie aigulinoise. Ces photographies illustrent la mobilisation des associations locales et la participation de nombreux habitants autour d'un événement placé sous le signe du sport, de la convivialité et du partage.
Les grandes heures du cyclisme
Les prémices du cyclisme
Les pionniers de la petite reine : 27 juillet 1913
Premières traces d'une course cycliste devant le garage Gadrat, au 73 rue Victor Hugo.
Les premiers champions
Le cyclisme à Saint‑Aigulin : un héritage ancré dans la terre, sous l’impulsion de Monsieur Pierre Martin (béret et veste noirs).
Le Grand Prix de la Municipalité
Dans l’histoire du cyclisme régional, peu de communes peuvent s'enorgueillir d'une ferveur aussi vibrante que celle de Saint‑Aigulin.
Depuis 1932, une tradition immuable marquait le calendrier local : le lundi de la fête foraine. Ce jour-là, l’effervescence des manèges laissait place à la tension de la compétition pour le prestigieux Grand Prix de la Municipalité.
Loin d'être une simple course, l'épreuve s'est imposée au fil des décennies comme un rendez-vous majeur du calendrier cycliste international.
Le plateau, d’une qualité exceptionnelle, voyait s'affronter des coureurs de très haut niveau, attirant parfois des pointures internationales et des noms de légende venus défier le bitume charentais.
Le grand prix cycliste : de l'endurance au circuit nerveux
Les origines : le défi des grands espaces
Lors de sa création, l’épreuve affichait un profil radicalement différent, privilégiant l’endurance et la découverte du territoire. La course se disputait alors sur cinq tours d'un circuit de 22 km, totalisant une distance de 110 km. Ce tracé exigeant mettait les organismes à rude épreuve avant d'offrir un dénouement spectaculaire, avec une arrivée jugée en plein cœur du bourg.
L'évolution : la kermesse du circuit nerveux
Par la suite, pour accroître la proximité avec les passionnés, le spectacle s'est déplacé à partir de 1956, sur un circuit nerveux de 1 750 mètres, que les coureurs devaient avaler à soixante reprises.
La singularité de Saint‑Aigulin résidait dans son atmosphère de kermesse, portée par un public vibrant qui bousculait la hiérarchie à coups de primes records.
À chaque édition, plusieurs centaines de spectateurs se massaient le long des barrières, formant une haie d’honneur tout au long du parcours, transformant chaque virage en un véritable stadium à ciel ouvert.
Au cœur de la légende du grand prix : Le souffle de l’histoire
Ce document de 1938 qui annonce la course du 23 mai, nous plonge aux racines d’une passion qui a fait vibrer Saint‑Aigulin.
À l’époque, les champions se livraient bataille sur les routes sous les acclamations d’un public déjà fervent. Cet article de L'Athlète témoigne d'une épreuve qui, dès ses débuts, affichait une ambition internationale.
Déjà sacré à Saint‑Aigulin en 1933, l'ancien coureur du Tour de France 1928, André Dumont, signe une saison 1938 magistrale. Quelques jours seulement après une nouvelle victoire locale, il s'impose le 26 juin sur la prestigieuse classique Paris-Limoges, triomphant au terme d'un effort héroïque de 365 km.
André Dumont
Vainqueur à Saint‑Aigulin en 1933 et 1938 (photo prise à Limoges en 1938 ).
Le Triomphe de Bergerioux
Un final magistral face à une concurrence redoutable. En mai 1939, le célèbre cycliste Bergerioux s’impose avec autorité dans la région. Il remporte la victoire devant Proust et Bouyer, confirmant ainsi sa domination sur le peloton local.
Le coup de force de Dolhats : Mai 1951
Un succès tout en puissance , Albert Dolhats fait honneur à son surnom de «Gros Mollets» en écrasant les pédales pour s'offrir une victoire incontestée. Il s'impose avec autorité devant Raymond Pailler et Pierre Proust, prouvant que sa puissance athlétique est à la hauteur de sa réputation en laissant ses adversaires loin derrière son sillage.
Le Prix de Saint‑Aigulin 1956 : un duel de légende
En 1956, le cyclisme régional vit ses plus belles heures. Cette année-là, le traditionnel Prix de Saint‑Aigulin rassemble des milliers de passionnés pour une course qui restera gravée dans les mémoires.
Une ambiance de feu dans le bourg
Imaginez la commune noire de monde, une ferveur populaire incroyable et le célèbre speaker Robert Monlong au micro pour faire monter la tension. Le circuit urbain est impitoyable : 60 tours de relances incessantes.
Pour survolter le peloton, les primes s'envolent et atteignent la somme record de 50 000 francs de l'époque (une fortune qui représentait près de deux mois de salaire ouvrier, soit l'équivalent de 1 300 € aujourd'hui). À chaque passage sur la ligne, c'est l'effervescence !
Le choc des géants : Gonzalez vs Ben Brahim
Après une course haletante et usante, deux seigneurs du cyclisme du Sud-Ouest parviennent à s'extirper du peloton. À l'avant, le duo royal collabore à la perfection pour creuser l'écart :
- Michel Gonzalez, le sprinteur redoutable.
- Mohamed Ben Brahim, le champion ultra-combatif.
Les deux hommes ne seront plus jamais repris. Ils s'offrent un duel de pure stratégie, à bout de forces, dans les derniers hectomètres.
Le verdict
Au terme d'un sprint magistral, c’est le grand Michel Gonzalez qui se montre le plus rapide et lève les bras en vainqueur. Son compagnon d'échappée, le valeureux Mohamed Ben Brahim, s'empare d’une magnifique deuxième place sous les acclamations d'un public conquis.
Le Prix de Saint‑Aigulin 1956 restera à jamais le symbole d'une époque dorée, où le cyclisme de clocher offrait un spectacle digne des plus grands circuits professionnels.
Le classement des ténors : 1956
1er M. Gonzalez (Girondins) en 3h 13mn devant Ben Brahim et S. Périn. Suivent J. Lemaître, Lesca, Agut, Barraud, Gandin, Barrière, Latour, J. et J.-P. Gras et Devaux.
Le Grand Prix de 1957
Malgré la présence de géants de la route comme Jacques Anquetil et Bernard Gauthier, c'est le talentueux Michel Gonzalez qui s'impose au sprint, offrant au public de Saint‑Aigulin un dénouement mémorable.
Le charme du cyclisme d'antan : 1957
La foule massée derrière les barrières en bois pour la victoire de Michel Gonzalez.
Le « Roi de Saint‑Aigulin » : 1957
Michel Gonzalez domine l’épreuve, remise de gerbe mémorable en présence de Monsieur Pierre Martin.
Le podium des géants : 1957
De droite à gauche : B. Gauthier (Champion de France), A. Darnauguilhem, M. Gonzalez (vainqueur), A. Lesca et (x) avec le maillot «Rochet».
Le triomphe de Gonzalez : 1957
1er M. Gonzalez (130 km en 3h 09mn) devant A. Darnauguilhem, A. Lesca, B. Gauthier, J. Anquetil, R. Cazala, J. Bianco, Guitard, J. Gras, Lataste et Castarri.
La convivialité après la course : 1957
Claudie Martin remet le bouquet au vainqueur Michel Gonzalez, avec le speaker Robert Montlong.
Un document rare
Une pièce particulièrement intéressante pour les amateurs et passionnés de l’histoire du cyclisme.
Cette image en couleur permet de redonner vie à un maillot que les photographies d’époque nous montrent principalement en noir et blanc.
Ce maillot, porté par Michel Gonzalez lors du Grand Prix de Saint‑Aigulin en 1957, révèle aujourd’hui ses couleurs d’origine : le rouge et le vert.
LE MAILLOT ROYAL FABRIC
Couleurs et identité d’une équipe. Photo et informations : Patrick Gonzalez, fils de Michel Gonzalez.
Royal-Fabric : la bicyclette de Michel Gonzalez
Deux anciennes publicités pour les cycles Royal-Fabric, la marque associée au vélo de Michel Gonzalez lors du Grand Prix de Saint‑Aigulin en 1957.
Convaincre des champions de venir affronter le circuit aigulinois exigeait des arguments solides. M. Martin, l'organisateur, ne se contentait pas d’une prime de départ : il offrait une hospitalité qui marquait les esprits. Il savait faire miroiter une victoire de prestige et vendre l’ambiance électrique où le public se masse pour voir passer les coureurs.
Ce fut notamment le cas avec Jacques Anquetil.
Une halte cycliste prestigieuse
De gauche à droite : M. et Mme Sicher, Jacques Anquetil, M. Pierre Martin, Mme Anquetil, Guy Epaud, M. Boucherie et sa fille, à La Roche-Chalais.
Souvenir du Soleil d’Or
De gauche à droite : Jacques Anquetil, Janine Anquetil, M. Pierre Martin, M. Boucherie, Guy Epaud, Mme Boucherie et sa fille, à La Roche-Chalais.
Quand les champions s'invitent à Saint‑Aigulin : Lundi 19 mai 1958
Le prestige mondial avec Rik Van Steenbergen (Champion du Monde), S. Elliott, J. Forestier, A. Bouvet, N. Barone et l'élite du cyclisme.
1960 : La nocturne d’été : l’édition légendaire.
Entre tradition et modernité, Saint‑Aigulin consolide sa réputation de ville cycliste.
L’ajout d’une épreuve nocturne au mythique lundi de fête métamorphose ce rendez-vous historique en un événement sportif et urbain incontournable.
En 1960, la Nocturne d’été proposait un plateau digne des plus grandes classiques internationales. Cette édition restera dans les mémoires comme l’un des plus beaux exploits de Michel Gonzalez. Face au peloton des « indépendants », on retrouvait des géants : Jacques Anquetil, Louison Bobet, Jean Stablinski ou encore Raymond Poulidor.
À mi-course, l’Irlandais Seamus Elliott place une attaque foudroyante. Seul Michel Gonzalez parvient à prendre sa roue. Réputé pour sa pointe de vitesse dévastatrice, Gonzalez bat Elliott de quelques centimètres sur la ligne d’arrivée.
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Le choc des titans
Dans un souffle, Michel Gonzalez fige le destin de l’irlandais Seamus Elliott pour quelques centimètres. Mieux que tous les commentaires, cet admirable document restitue la lutte acharnée que se livrèrent, sur la ligne d’arrivée de la nocturne de 1960, Elliott (à gauche) et Michel Gonzalez (à droite), battant d'un cheveu le champion irlandais.
Michel Gonzalez
Devant Jo Bianco et Ben Brahim.
L’élite de coureurs régionaux
Une course animée.
Grand Prix cycliste de Saint‑Aigulin
Claude Cousseau (Parentis) s'impose au sprint devant 30 coureurs.
Les solides du Grand Ouest
Victoire de René Barrère de l'U.S. Dax, devant Roger Darrigade (5ème) et le local Guy Epaud (8ème).
Succès de Christian Leduc
Michel Gonzalez une nouvelle fois sur le podium.
Sprint royal
Victoire de Georges Bolley (bras levé) devant Brux et Bodin, suivis de Le Grévès, Saint-Jean, Beuffeuil, Ben Brahim et Guy Epaud.
Guy Dolhats
Il s’impose au terme d’un sprint étourdissant devant les redoutables Esclassan, Lalanne et Danguillaume.
Guy Dolhats
Devant Vallade et Villemiane.
À Saint‑Aigulin, les champions de demain avaient déjà leur place !
Saint‑Aigulin ne réservait pas ses rendez-vous cyclistes aux grands noms du peloton. La commune savait également mettre à l’honneur les jeunes générations, offrant aux coureurs prometteurs un terrain de compétition et un public passionné.
En 1977, le Grand Prix des Cadets de Saint‑Aigulin mettait ainsi à l’honneur les jeunes espoirs du cyclisme régional. Marino Verardo, du club de Langon, s’imposait en 1 h 43, à la moyenne de 37,3 km/h.
À travers ces épreuves, Saint‑Aigulin confirmait sa place dans l’histoire du cyclisme local : après avoir accueilli les grands champions, la commune savait aussi offrir une véritable vitrine aux jeunes talents appelés à devenir, pour certains, les champions de demain.
À Saint‑Aigulin, les champions avaient aussi commencé jeunes !
En avril 1977, Saint‑Aigulin mettait à l’honneur les jeunes espoirs du cyclisme. Chez les cadets, Marino Verardo (Langon) remportait les 64 km en 1 h 43, devant un plateau venu de toute la région.
En 1977, le Grand Prix des Cadets de Saint‑Aigulin voyait s’imposer le jeune Marino Verardo.
Quelques années plus tard, celui qui s’était illustré sur les routes saint-aigulinoises allait devenir l’un des grands coureurs amateurs du Sud-Ouest, avec plus de 300 victoires à son palmarès et notamment une victoire dans Bordeaux-Saintes en 1983.
Palmarès du Grand Prix (1932–1969)
Cette période témoigne d'une époque épique où l'élite régionale se mesurait aux coureurs professionnels.
Les investigations se poursuivent pour compléter les données manquantes sur certaines années.
| Date | Classement |
|---|---|
| 1932 | 1. LAVAL Lucien — 2. * — 3. * |
| 1933 | 1. DUMONT André— 2. * — 3. * |
| 1934 — 21 mai | 1. SERRES Michel — 2. PREVOT R. — 3. TROCH Pierre |
| 1935 — 10 mai | 1. JAMAY Isidore — 2. LAFORGUE Robert — 3. ROQUEBERT J. |
| 1936 — 18 mai | 1. BELIARD Robert — 2. VICENTE Demetrio — 3. HARGUES Gabriel |
| 1937 — 17 mai | 1. HARGUES Gabriel — 2. BERTHOME A. — 3. BADIE H. |
| 1938 — 23 mai | 1. DUMONT André — 2. BOUCHONNEAU André — 3. BERTHOME A. |
| 1939 — 22 mai | 1. BERGERIOUX Henri — 2. PROUST Pierre — 3. BOUYER Edouard |
| 1946 — 20 mai | 1. MARTINEAU Philippe — 2. PROUST Pierre — 3. DOLHATS Albert |
| 1947 — 20 mai | 1. SERRES Michel — 2. PAILLER Raymond — 3. DUTHEIL Marius |
| 1948 — 17 mai | 1. GAVELLE André — 2. SIEUZAC Jean — 3. BARNAGAUD Pierre |
| 1949 — 23 mai | 1. MICAS André — 2. VALLET Claude — 3. GAVELLE André |
| 1950 — 22 mai | 1. DOLHATS Albert — 2. * — 3. ** |
| 1951 — 21 mai | 1. DOLHATS Albert — 2. PAILLER Raymond — 3. PROUST Pierre |
| 1952 — 19 mai | 1. BRUN Michel — 2. AUBRY Henry — 3. FRIOU Michel |
| 1953 — 24 mai | 1. CRUZIN Roger — 2. RANÇON Pierre — 3. BARRIERE Pierre |
| 1954 — 23 mai | 1. AUBRY Henry — 2. BIDART Jean — 3. VERVIALLE Jean-Louis |
| 1955 — 22 mai | 1. BISETTO Gino — 2. PINEAU Jacques — 3. BARRIERE Pierre |
| 1956 — 19 mai | 1. GONZALEZ Michel — 2. BEN BRAHIM Mohamed — 3. PERRIN Settimo |
| 1957 — 20 mai | 1. GONZALEZ Michel — 2. DARNAUGUILHEM Arm. — 3. LESCA André |
| 1958 — 19 mai | 1. LESCA André — 2. BATAN Raymond — 3. DUPRÉ André |
| 1959 — 18 mai | 1. BARRIERE Pierre — 2. ABADIE René — 3. BERTRAND Maurice |
| 1960 — 23 mai | 1. WALRYCK Daniel — 2. NOGUEROL Georges — 3. IACOPONI Organ |
| 1961 — 22 mai | 1. GONZALEZ Michel — 2. BIANCO Jacques — 3. BEN BRAHIM Mohamed |
| 1962 — 21 mai | 1. COUSSEAU Claude — 2. SABBADINI Tino — 3. PROVOST Roger |
| 1963 — 20 mai | 1. BARRERE René — 2. VIDAL Roger — 3. COUSSEAU Claude |
| 1964 — 18 mai | 1. SAINT-JEAN Maurice — 2. GONZALEZ Michel —3. SINISCALCHI François |
| 1965 — 17 mai | 1. LEDUC Christian — 2. DELORT André — 3. GONZALEZ Michel |
| 1966 — 23 mai | 1. BOLLEY Serge — 2. BRUX Michel — 3. BODIN Jean-Louis |
| 1967 — 22 mai | 1. MARCARINI Gianni — 2. CUCH Christian — 3. BEN BRAHIM Mohamed |
| 1968 — 20 mai | 1. TROCHUT André — 2. DAGUERRE Bernard — 3. BRUX Michel |
| 1969 — 19 mai | 1. HIDDINGA Henk (Hol) — 2. CAMPANER Francis — 3. FEDRIGO Michel |
La tradition cycliste continue : La Guy Epaud.
Le flambeau de la mémoire se perpétue à travers cette épreuve en hommage au champion de Saint‑Aigulin, pour que son héritage continue d’écrire l'histoire locale.
Guy Epaud : un Saint‑Aigulinois sur le Tour de France
Né le 21 septembre 1936 à Saint-Vallier (Charente), Guy Epaud a choisi Saint‑Aigulin comme terre d’adoption, et en retour, notre commune l’a pleinement adopté. Vite intégré à la vie du village, il y est devenu bien plus qu’un habitant : la fierté de toute une commune.
Membre de la prestigieuse équipe Pelforth-Sauvage-Lejeune, il a côtoyé les plus grands noms de l’histoire du cyclisme.
Une jeunesse prometteuse
À 18 ans, Guy Épaud confirme son statut d’espoir régional lors du Grand Prix des Jeunes à Montlieu. Échappé seul au sixième tour d’un circuit accidenté de 65 km, il s’impose «en maître» avec plus de deux minutes d’avance. Sa moyenne supérieure à 39 km/h souligne déjà un tempérament de futur champion.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1963 L’éclosion | 48ème du Tour. Étape Bagnères-de-Bigorre–Luchon : 3ème, tenant tête à Raymond Poulidor. 3ème également sur Grenoble–Val d'Isère, juste devant Rik Van Looy |
| 1964 La consécration | 2ème sur l'étape Montpellier–Perpignan. 34ème au classement général. Vainqueur du classement par équipes |
Sa régularité et son courage dans les cols font de lui un exemple de persévérance.
Le gymnase qui porte son nom aujourd'hui est le symbole de cet héritage : un homme simple, grimpeur d’exception, qui a prouvé que l'on peut partir de Saint‑Aigulin et briller sur les sommets du Tour de France.
L’homme du Tour de France
Sous le maillot Pelforth, le grimpeur de talent Guy Epaud, qui a porté haut les couleurs de Saint‑Aigulin sur la Grande Boucle.
EPAUD Guy
Guy rejoint Kamomé-Dilecta
Bagnères-de-Bigorre-Luchon
Col de Peyresourde : Guy Epaud en duel avec l’Aigle de Tolède, le légendaire Federico Bahamontes, au sommet des Pyrénées.
Le meilleur Français des sommets
Étape Grenoble-Val d’Isère : Guy Epaud sacré « Meilleur Français du jour », étincelant sur les sommets alpins de la Grande Boucle. 1963 Les Charentes à l'honneur sur le Tour : 1964. Guy Epaud, porte-drapeau des Charentes au Tour, hissant les couleurs locales parmi l'élite internationale.
Guy Epaud vu par la presse sportive
En 1964, le monde du cyclisme a les yeux rivés sur le Tour de France.
C’est alors qu’Antoine Blondin, plume légendaire de L’Équipe et figure majeure de la littérature sportive française, choisit de consacrer l’un de ses portraits à Guy Epaud.
À travers le coureur licencié au Royan Océan Club, c’est aussi un habitant de Saint‑Aigulin qui entre, discrètement mais durablement, dans la grande mémoire du Tour.
Quand Antoine Blondin écrit sur Guy Epaud, ce n’est plus seulement une histoire locale : c’est la grande littérature sportive française qui pose son regard sur un coureur établi à Saint‑Aigulin.
J’ai choisi de restituer ici l’intégralité de ce texte, précieux témoignage de cette année 1964 où Guy Epaud achevait son parcours sur le Tour de France sous le regard d’Antoine Blondin.
Chroniqueur sportif Antoine Blondin
La plume du Tour de France
En 1964, un extrait du journal L’Équipe marque un tournant historique : sous la plume affûtée d’Antoine Blondin, Guy Epaud, le champion de Saint‑Aigulin, entre magistralement dans la grande chronique du Tour de France..